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Posts Tagged ‘mémoire’

Je n’ai jamais réussi à terminer un Rubik’s Cube. Enfin, sauf la fois où j’ai décollé des carrés de couleur pour les replacer sur les faces incomplètes mais ça compte pas, on a tous fait ça à un moment donné de sa vie pour ne pas sentir totalement débile et impuissant face à cet objet démoniaque. Alors ces histoires de championnat de France et d’australien de 16 ans qui recompose le cube en 6.65 secondes, ça reste un truc incompréhensible pour moi, comme si Van Damme parlait avec le gitan dans Snatch.

Pire, il y a ceux à qui l’on donne un cube mélangé 25 fois par un membre du jury, et qui le terminent les yeux bandés en 10 minutes seulement. Inimaginable, d’autant plus que la récompense pour cette prouesse autrement plus difficile que répondre aux questions de Nagui est un misérable chèque de 300 euros. Une somme dérisoire qui ne paiera même pas le traitement pour soigner cette vilaine peau, qui semble être commune à tous les participants. Non je ne suis pas méchant, je suis juste super jaloux, j’avoue.

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A chaque fois qu’il neige, je me dis qu’en fait on vit dans une grosse boule transparente que quelqu’un a secoué pour voir des bouts de nuages froids se laisser tomber sur nos têtes. Alors forcément, je me demande ensuite si la personne qui s’amuse à nous regarder glisser à cause du verglas vit elle même dans un monde où il neige parfois, et est ce qu’il existe une force supérieure qui parvient à le secouer lui aussi à intervalles réguliers. Un monde dans un monde façon « Inception », ou comme dans ce générique des Simpsons où ils font un zoom arrière à travers les galaxies et les atomes, pour terminer sur les cheveux d’Homer qui rote.

Quand il neige, je me dis aussi que « Batman Returns » de Tim Burton était un putain de film quand même, par associations qui ne sont logiques que dans mon cerveau, où « flocons » rime avec « Oswald Copplebot sur un canard géant avec des mitraillettes ». Normal. Je repense aussi à ma cagoule bleue façon Fatal Bazooka que je détestais porter parce qu’elle me grattait les oreilles, enfin, c’est une excuse comme une autre pour éviter d’avoir l’air ridicule. Je me souviens du cul glacé à force de tomber sur la patinoire, de « Knights of the Round » en borne d’arcade et des dizaines de francs que j’ai claqué avant de perdre contre Garibaldi et son armure dorée trop énervante, du carrelage tellement froid que tu sens le moindre joint te déchirer l’épaule pendant une coupole.

Puis sans trop savoir pourquoi, je me retrouve au milieu de la forteresse de solitude de Kal-El, et il faut avouer que ça a une autre gueule que leurs bars de glace hype où le glaçon est à 30 euros. Le genre d’endroit où je pourrais vivre, peut être que je viens de Krypton moi aussi après tout. D’ailleurs si c’est le cas il serait temps que mes pouvoirs se manifestent, je dois aider un pote à déménager ce weekend. Et invariablement, c’est le moment que la pluie choisit pour tout effacer, faire fondre les images pour faire apparaître la réalité. Comme si la magie était condamnée à ne durer qu’un instant furtif, tant pis pour toi si tu l’as ratée. Et c’est surtout con parce que j’ai mis des baskets en daim aujourd’hui, elles vont souffrir. Foutu hiver.

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Leslie Nielsen est mort aujourd’hui. Suivi de peu par Irvin Kershner. A ce rythme, il ne restera plus grand chose de notre enfance dans pas longtemps. Et lorsque nos idoles ne sont pas mortes, on ne peut rien faire d’autre que se moquer de ce qu’elles sont devenues, de leurs liftings mensuels ou de leurs come back désespérés. Car elles ne comprennent pas que contrairement à ce que l’on croit, la VHS a enregistré une bien meilleure image que le Blu-Ray. On râle tout le temps pour rien, on s’attarde sur les différences entre les Jordans rééditées et celles de l’époque, au lieu de profiter de ce bout d’innocence retrouvée. On s’évertue à expliquer à la nouvelle génération que leurs dessins animés ne font pas le poids face à ceux qui nous ont fait vénérer le mercredi, et on s’arrache les cheveux quand on se rend compte qu’ils ne connaissent pas la moitié des films qui ont inspiré leur références. On devient ce cousin gâteux qui a la trentaine et semble déconnecté de la réalité actuelle, qui te met en garde contre les conneries et t’engueule quand tu n’as pas eu la moyenne, les études c’est important, t’auras tout le temps de t’amuser quand tu seras plus vieux. Mais tu auras aussi le temps de voir tes héros mourir l’un après l’autre, enterrés dans un coin de ta mémoire. Ca doit être ça, être adulte.

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Je me rappelle de l’époque pas si lointaine où on utilisait des clés USB de 128mo, où nos ordinateurs avaient 4Go de mémoire et où tu étais le prince de la ville lorsque tu avais une carte mémoire de 256mo dans ton appareil photo. Sauf qu’aujourd’hui entre tous tes gadgets électroniques et ton ordinateur, tu te trimballes avec au moins 2To sur toi, sans efforts. Les critères pour acheter un disque dur externe sont devenus assez flous, et bien souvent c’est le prix et la connectique qui dictent notre choix.

Mais ça, c’était avant que Flash Rods sorte son disque dur de 500Go qui reprend le design de la mythique Delorean de « Back To The Future III ». Une merveille sans nom, où chaque détail est fidèlement reproduit pour te faire convulser pendant que tu transfères à 88mph des fichiers téléchargés illégalement (jeune pirate). Et même si ça l’aurait rendu pas très pratique, ça aurait été quand même marrant que le disque dur ne fonctionne qu’avec une puissance de 1,21 gigawatts.

Dispo ici pour 250 dollars (environ 190 euros)

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Je suis devenu un vieux con plus vite que je ne le pensais. Alors que tout le monde ne jure que par le streaming, l’espace de stockage en ligne personnalisé et que mon petit cousin me demande à quoi ça sert d’avoir autant de mémoire sur un iPad parce qu’il ne la remplira jamais, je m’accroche à mes vieux réflexes et je continue d’aduler mes gigas fièrement acquis. J’ai encore des dizaines de dossiers qui bouffent la majorité de mon disque dur et débordent de fichiers mal classés, d’albums que je n’écoute plus depuis des années et de millions de photos dont j’avais oublié jusqu’à l’existence. Mon ordinateur rame et mon disque dur externe est un peu mon Graal à moi, avec un back up que je chéris plus que ma vie, sans parvenir à en deviner ni le contenu ni l’intérêt précisément. Le monde va trop vite, je suis encore dans une logique archaïque et je manque d’arguments pour ne pas changer. La prochaine fois que j’irai chez ma grand-mère et que je verrai son frigo plein à craquer de plats cuisinés conservés dans des tupperwares qui font la taille d’un saladier, comme si la guerre allait éclater demain et que les supermarchés prévoyaient une rupture de stock irrémédiable, je ne lui ferai aucune remarque. Les temps changent, pas les habitudes.

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Parce qu’à bien y regarder, on lâche des « RIP 2Pac » toutes les 2 minutes pour un oui ou pour un non, on en vient à célébrer le jour de sa naissance, le jour de sa mort, le jour où il a pris une balle, le jour où Poetic Justice et Gangball sont sortis, et on s’en sort plus. Parce qu’on sait tous comment il a été tué, qu’on ne saura probablement jamais pourquoi, et que c’est pas si important.

Parce que ça fait 14 ans maintenant et je me rends compte que je l’ai plus écouté mort que vivant au final, et qu’après toutes ces années, ce qui me revient le plus souvent en tête quand je parle de 2Pac, plus qu’une liste de clips interminable et des débats sans fin, c’est la paire de Fila Grant Hill et le bracelet en or assorti à sa montre qu’il portait dans le livret d’All Eyez On Me.

Alors je me dis que c’est un peu comme un membre de ta famille disparu il y a longtemps, il ne reste que des détails et un amour profond au fond de ta mémoire, qui t’accompagne sans que tu y fasses réellement attention, sans que tu ressentes le besoin de le retranscrire avec des mots. Sans que tu aies envie de le crier sur les toits une seule fois par an.

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Chaque vendredi c’est la même chose: je regarde les heures passer en me demandant de quoi je vais bien pouvoir parler dans mon édito. Lorsque je cale vraiment, je ressors ma technique durement travaillée quand j’étais gamin, je me fais tout petit en espérant que personne ne me voit et je m’enfuis jusqu’au lundi, en couvrant mes yeux avec mes mains pour être invisible. Mais ça utilise pas mal de chakra et c’est pas très fiable comme subterfuge, donc en général je mets mon casque, je choisis un son que j’écoute en boucle et je cherche un thème. Dans tous les sens. Je guette le moindre bout de fil qui dépasse et je tire dessus, en espérant qu’il me permette de broder un peu. Parfois il casse, parfois il se déroule, impossible de prévoir à l’avance car on ne sait jamais ce que l’on va trouver lorsqu’on regarde à l’intérieur de soi chaque semaine. Et lorsque ce que je vois ne me plait pas, je referme vite derrière en moi en espérant qu’une idée ou un souvenir indésirable n’a pas mis son pied en travers pour coincer la porte. Faudra que je demande à Mr Cobb quelques conseils là dessus d’ailleurs.

Il y a des soirs où c’est presque une punition pour moi, j’angoisse, si je rentre sans avoir écrit un édito mes potes vont me crier dessus, Twitter va se liguer pour m’anéantir et les mails de mécontentement vont s’abattre sur moi en 3D. Alors je cherche encore, et tout ce qui me vient à l’esprit, ce sont toujours les détails. Ma mémoire fonctionne un peu comme un blog: je passe en revue les miniatures, je clique sur « Lire la suite » et tout se déverse dans ma tête. Tout se mélange aussi, un peu comme le Danao artisanal de ma grand mère, qui versait du lait et du jus d’orange dans le même verre et secouait fort, « Qu’est ce qui ya? C’est exactement pareil, bois ». Des souvenirs remplacés par des détails. L’énorme peinture à la main du Silver Surfer (Norin Rad pour les vrais) sur le mur de la chambre de mon oncle, sa minuscule machine à sous qui fonctionnait sans pièces, les escaliers défoncés qui m’arrivaient au genou, les boules de riz blanc grillé que mon grand père formait à la main et qu’on appelait des souris, le meilleur plat du monde. Ca fait longtemps que j’ai pas mangé de souris, ça me manque.

Il y avait aussi les 2h de route pour aller chez mon parrain. Quand t’es jeune, 2h de route c’est le bout du monde, tu prévois toujours des dizaines de livres même si tu sais que tu vas vomir à la deuxième page, et tu ne montes pas à l’arrière sans un sachet de provisions, il en va du bon déroulement de ton expédition. Evidemment, je faisais partie de ceux qui avaient fouetté la moitié des vivres avant le premier péage, question de survie en milieu hostile. En creusant un peu, je reverrai aussi le mini panier de basket (hauteur 1m97, ballon Bulls et Lakers et alley hoop systématique), mais aussi le bol de soupe obligatoire avant la portion de pizza, le gant Cosmocats de mon cousin dont je doute encore de l’existence tellement j’étais jaloux de ne pas pouvoir me déguiser en Starlion moi aussi, le mercredi matin à l’agence, les languettes de baskets découpées comme des trophées, les VHS Dragon Ball, les katanas en bois plein d’échardes, les trous dans les murs bouchés avec du papier et les peluches usées au fond du tiroir. Encore et toujours les détails. On ne sait jamais sur quoi on va tomber lorsqu’on tire un fil mais après tout, chaque détail prend de la valeur quand plus rien n’a de sens.

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