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Il paraît qu’en amour, 3 c’est mieux que 2. Ben quand j’ai regardé X-Men 3: L’affrontement final sur TF1 hier soir, j’ai plutôt eu la sensation de m’être fait sauvagement violer à vrai dire, et qui plus est une seconde fois, la première ayant eu lieu dans un obscur cinéma du nord de Paris. En même temps, fallait s’y attendre: 3 est le chiffre maudit des films de super-héros.

Vous voulez des exemples? Ok. Spiderman 3: le Super Bouffon (fils du Bouffon Vert) ne rime à rien, Venom n’a pas le charisme espéré, l’Homme Sable pourtant techniquement impressionant est aussi lisse qu’une plage de Miami, et le scénario n’est qu’un prétexte à une débauche d’effets spéciaux lors de l’affrontement final improbable. Batman 3: après les deux chefs d’oeuvre de Tim Burton, Batman Forever débarque comme un poil pubien sur la soupe, avec son Double-Face maquillé comme une prostituée du Bois de Boulogne, son Riddler sosie de Desireless et son Batman que personne ne reconnaît malgré son bec de lièvre. Sans parler d’un scénario abominable qui tente de se rapprocher de la série des années 70 avec Adam West, le second degré involontaire et la tendresse des souvenirs en moins. Encore? X-Men 3: les libertés scénaristiques et la continuité invraisemblable me laissent sans voix. Charles Xavier, Scott Summers et Jean Grey meurent, Erik Lehnsherr et Raven Darkhölme perdent leurs pouvoirs, Hank McCoy est Ministre et membre de l’ONU, Caïn Marko n’est pas le demi-frère de Xavier. Et pourquoi pas Rémy LeBeau ventriloque, Nathaniel Essex cousin d’Elisabeth Braddock et James Howlett avec des ailes. On croit rêver.

Mais à bien y réfléchir, c’est sûrement une fatalité, un peu comme un album musical. Pour le premier, on vient de nulle part, personne ne nous attend à part les fans purs et durs qui cracheront quoiqu’il arrive sur le long métrage, parce la couleur des Sentinelles ne correspond pas ou que le Hulk d’Ultimates n’a pas les cheveux aussi courts, ou aussi longs, enfin bref. Il n’y a pas de pression, juste une envie de balancer sur grand écran les petites cases qui nous ont fait fantasmer pendant notre jeunesse, le besoin de réunir des amoureux d’histoires héroïques autour d’un divertissement efficace. Pour le deuxième, c’est autre chose, le premier a marché, le budget est plus conséquent, les fans ont réussi à rameuter leurs copines (lorsqu’ils en ont) ou leurs potes (lorsqu’ils en ont) qui trouvent que vendeur de BD, c’est pas un taf sérieux et qui ne comprennent pas que Superman et Wolverine, ce sont des univers différents, Marvel et DC, les mutants, tout ça quoi. Généralement, c’est l’état de grâce, le film qui allie fidélité au comic original et grand spectacle accessible, le block buster imparable, l’équilibre parfait. D’où un troisième opus raté, où l’argent fausse définitivement la balance, où les producteurs exigent toujours plus de monstres, d’ennemis, de combats, de Pow! et de Shazzam. Le flop, la fin d’une franchise, jusqu’à la prochaine décennie, où le cycle recommence.

Alors que faut-il espérer du prochain Batman de Christopher Nolan ou de l’hypothétique troisième volet des aventures de Tony Starks? Un Mandarin homme d’affaires voulant détruire le monde grâce à son iPhone? Un Homme Mystère qui piège des gens sur Facebook et lance des rayons lasers avec ses oreilles? Prions pour que je me trompe. Même si au final, j’ai beau me plaindre comme les milliers de fanboys en quête d’une éventuelle info sur quel méchant fera face à Peter Parker lors de son prochain combat, je me fais avoir à chaque fois. Je critique, l’impatience me ronge, je refuse pendant 30 secondes, puis je paie ma place et je souris bêtement dès le générique, l’oeil qui brille et les mains qui s’aggripent aux accoudoirs. Parce que de toute façon c’est pas grave, une mauvaise adaptation de comics, ça donne toujours matière à écrire et 10 ans à attendre une nouvelle version, c’est pas si long lorsqu’on aime inconditionnellement.

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