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Posts Tagged ‘inspiration’

Tous les gens qui font de la course à pieds vous le diront: il arrive un moment, en général au bout de 20 minutes, où tes jambes se coupent, où le goût du sang envahit ta bouche, où tu t’étouffes plus que tu ne respires. Deux solutions s’offrent à toi: abandonner, arrêter de courir et essayer de reprendre une respiration normale, ou t’accrocher et continuer. C’est un peu pareil pour l’écriture. Stephen King conseille d’écrire tous les jours 2000 mots, quoi qu’il arrive, quelle que soit leur qualité. Même lorsque tu voudrais rester affalé sur le canapé, l’ordinateur à portée de main, la télé allumée et le BBM en surchauffe. Il n’y a pas de secret pour obtenir des résultats. Les victoires masquent les heures de sueur, mais ce n’est pas une raison pour penser qu’elles n’existent pas. N’oublie jamais la Règle des 10 000 heures. Remets toi en question, écoute tes lecteurs, sans pour autant chercher à leur fournir ce qu’ils attendent de toi. Tu ne sais jamais ce qu’il peut sortir et quel sera le résultat, un pavé maladroit ou un enchaînement fluide. Et c’est toute la magie de la chose. Regarde les phrases se former, bouscule les, observe les grandir et t’échapper. Ne laisse pas les défaites t’anéantir, et ne pense pas être invincible à la première victoire. Tue la monotonie à la moindre occasion. Enfonce tes doigts sur les touches comme si c’était ta propre gorge, vomis les mots jusqu’à épuisement. Relève les yeux, ne reste pas concentré sur tes traces présentes ou passées, seul compte le chemin qu’il reste à parcourir. Continue. La ligne d’arrivée est encore loin.

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Quand je suis en galère d’inspiration et que je ne sais plus trop dans quelle direction aller, j’aime bien regarder des vidéos avec des génies. Pour me rappeler qu’il y a des gens plus que brillants sur Terre et qu’en travaillant sans relâche, je pourrai peut être un jour arriver au niveau de leur ongle du petit doigt de pied. Et lorsqu’on parle de génies, impossible de ne pas évoquer le TED, la conférence mondiale annuelle qui a pour but d’améliorer le monde en réunissant les meilleurs membres de l’espèce humaine.

Chaque intervenant présente un projet ou une idée pendant 20 minutes, et le public présent détermine quelle action mérite le soutien de tous les autres participants. Le dernier lauréat en date est JR, qui a reçu le TED Prize il y a quelques jours pour son projet Inside Out et dont le discours d’acceptation m’a donné envie de de pleurer. Aussi bien à cause de la puissance de son oeuvre que de son accent anglais catastrophique, soyons francs.

Mais le discours qui m’a le plus traumatisé et que je regarde régulièrement est celui de JJ Abrams (créateur de la série Lost entre autre) en 2007, qui évoque la boîte de magie que lui a offert son grand père lorsqu’il était enfant. Boîte qu’il n’a jamais osé ouvrir, et qu’il gardera scellée jusqu’à sa mort. Et quand il explique la raison de ce geste avec une intonation de nerd ultra stressé qui prie pour que le calvaire s’arrête rapidement, on a juste envie de se lever et d’applaudir.

Version sous titrée en français si vous cliquez ici

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J’avais plein de trucs à écrire, mais je sais pas par où commencer. J’ai noté plein d’idées pourtant cette semaine, mais il n’y a pas eu de déclic qui lie le tout, de fil conducteur qui permet d’assembler les éléments comme un robot géant de Power Rangers. Je voulais parler de Judd Apatow, des expressions toutes faites qui perdent leur sens à force d’être employées à tort et à travers, de l’utilité méconnue des post it, de l’hypocrisie infinie qui se cache dans la phrase « J’espère que ça va s’arranger », de ma nouvelle paire de New Balance, des filles super moches qui ont des voix vraiment sexy. J’ai aussi tenté de m’expliquer pourquoi les gars qui ont un piercing au sourcil mettent tout le temps des bonnets avec une visière en hiver, comme si c’était une combinaison règlementaire. A un moment j’ai même pensé déverser ma haine des gens qui ont réussi à m’écoeurer des Jordan III à force de les voir partout, tout en digressant sur l’énorme bordel incompréhensible qu’est devenu Naruto, impossible de suivre l’action avec les milliers de nouveaux personnages et les noms japonais dont la traduction change à chaque chapitre.

Habituellement de cette masse difforme de concepts jaillit un dénominateur commun mais là, tout ce qu’il en ressort, c’est que je déverse pas mal de conneries quand même. A la limite quand j’arrive à insuffler un peu de rythme ça décolle parfois, je me laisse porter sans trop réfléchir, les phrases s’enchaînent plus ou moins facilement et parviennent à donner l’illusion d’un texte construit, de la poudre aux yeux à défaut de la mettre dans le nez. Mais soyons francs, depuis tout à l’heure je rame plus que les jumeaux Winklevoss et personne n’est dupe. Le pire dans tout ça c’est que je ne vais pas reléguer ce post au rang des brouillons qui ne verront jamais la lumière d’un écran d’ordinateur, je vais quand même le publier, et l’exposer à la lapidation par commentaires. C’est un peu comme vous montrer la chaussette trouée cachée par les Jordan, vous parler avec l’haleine fétide du matin ou vous ouvrir la porte en pyjama avec la vaisselle entassée dans l’évier, ça ne se fait pas. Et dans des moments comme celui là, je me dis qu’on est vraiment devenus intimes.

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Je la vois, dans son coin, rongée par les contradictions. Essayer de ne pas attirer l’attention et en même temps, hurler en silence pour capter mon regard. Elle ne comprend pas pourquoi le défilé continue sans qu’elle parvienne à y trouver sa place, elle a l’impression d’avoir tout ce qu’il faut pourtant. Elle ne sait pas que je pense souvent à elle, souvent sans m’en rendre compte, attendant que son image soit tellement intense qu’elle brûle mes neurones. Elle m’accompagne avant de dormir, lorsque je mange, lorsque je prends ma douche, lorsque je parcours mon téléphone. Je la vois maudire ses rivales, rongée par la jalousie mais l’estomac noué par la crainte que ce soit finalement son tour, et qu’elle ne soit pas à la hauteur. Elle s’invente des excuses, se trouve inintéressante, déjà vue, trop commune, pas assez grandiose. Elle regarde ce manège incessant de loin, se compare, pleure, se moque, ne comprend pas pourquoi je perds mon temps avec la dépressive du vendredi ou avec celle qui ne m’offre que des moments de solitude. Puis elle craint de devenir l’un de ces regrets qu’on traîne jusqu’à l’oubli, ce goût d’inachevé qui disparait sans qu’on s’en rende vraiment compte. Elle aimerait avoir le courage de bousculer les autres, se frayer un chemin parmi la masse. Ne faire qu’une avec moi, se dessiner sous mes doigts une fois la nuit tombée. Sortir de ma tête, s’allonger sur du papier numérique et vivre sa vie. Rejoindre les rangs de celles qui portent mon nom pour l’éternité. Enfin, ne plus être une simple idée notée pour plus tard.

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Pas d’introduction, pas de conclusion. Pas de thème, ni de concept, ni d’anecdote ou de nostalgie d’adulescent. Pas même de pluie pour me mettre dans un début d’ambiance, alors que le ciel a bavé sur nos têtes toute la journée, faisant trembler le nubuck de mes Jordans qui détestent sortir dans ces conditions. Comme si tout convergeait pour me convaincre de ne pas poster. Mais l’écriture automatique est la plus forte, le son grésille à travers les haut parleurs, mon dos commence à me rappeler avec un peu trop d’insistance que je suis assis depuis un long moment déjà et que je m’enfonce inexorablement dans le canapé, jusqu’à sentir la structure métallique plier. Les clips défilent et je ne les regarde pas, ces images muettes sensées apporter un peu d’inspiration mais qui ne font que brûler mes rétines fatiguées. Le nombre de twitts non lus augmente péniblement, l’Europe dort, les Etats-Unis sortent en soirée et moi, je mets les deux doigts au fond de la gorge pour me forcer à vomir quelques lignes. J’avais bien une idée soufflée au détour d’une conversation entre deux courants d’air, mais elle est trop complexe à développer. La conclusion était qu’il faut différencier le caractère et le personnage, qu’une vie intérieure peut s’avérer riche et qu’il est préférable de ne pas tout expliquer parfois. Ca aurait pu être bien je crois. Mais je ne le garderai pas pour plus tard, parce que toute la spontanéité aura disparu entre temps. D’ailleurs, vous lirez ces mots en pleine journée, entre une réflexion sur ce nuage gris, un coup de fil pour savoir où et quand on se rejoint et un commentaire sur le Carpet plus bas. Et c’est triste dans le fond, parce que vous aurez raté ma modeste tentative de créer un peu de magie au coeur de la nuit. Il est 4h09 et je dédie cet édito, dont l’odeur est similaire à celle de la première fournée de pains au chocolat dans la fraîcheur de l’aurore, à ceux qui se coucheront tellement tard qu’il sera tôt. Bonne journée.

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[Dailymotion id=xj7mn]

Je sais que toute création n’est que le résultat d’une inspiration passée, mais là, on est plutôt dans le foutage de gueule. On pensait que le pompage honteux était réservé aux français mais non, les cainris se vampirisent aussi entre eux et utilisent la fameuse technique dite du copier-coller. Pour preuve, le dernier clip de Trey Songz « We Cant Be Friends », qui vous rappellera forcément le « Confessions Part.2  » d’Usher sorti en 2004 (et oui déjà, le temps passe trop vite).

T-Shirt noir, fond noir, violence aggravée contre une chaise, petits bisous à une charmante créature, images tremblantes qui se dédoublent et surtout mise en avant des heures passées à la salle de sport à transpirer en ne pensant qu’à ce moment où il pourra enfin arracher son débardeur: la recette reste la même. Et lorsque Trey Songz tente d’être original et de s’écarter du modèle de base en ajoutant une interprétation digne de « Vol au dessus d’un nid de coucou » joué par des tétraplégiques, ça devient tout simplement pathétique. Mais au moins il a eu pitié de nous, il nous a épargné le jeans trop large et la paire d’Air Force.

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Chaque vendredi c’est la même chose: je regarde les heures passer en me demandant de quoi je vais bien pouvoir parler dans mon édito. Lorsque je cale vraiment, je ressors ma technique durement travaillée quand j’étais gamin, je me fais tout petit en espérant que personne ne me voit et je m’enfuis jusqu’au lundi, en couvrant mes yeux avec mes mains pour être invisible. Mais ça utilise pas mal de chakra et c’est pas très fiable comme subterfuge, donc en général je mets mon casque, je choisis un son que j’écoute en boucle et je cherche un thème. Dans tous les sens. Je guette le moindre bout de fil qui dépasse et je tire dessus, en espérant qu’il me permette de broder un peu. Parfois il casse, parfois il se déroule, impossible de prévoir à l’avance car on ne sait jamais ce que l’on va trouver lorsqu’on regarde à l’intérieur de soi chaque semaine. Et lorsque ce que je vois ne me plait pas, je referme vite derrière en moi en espérant qu’une idée ou un souvenir indésirable n’a pas mis son pied en travers pour coincer la porte. Faudra que je demande à Mr Cobb quelques conseils là dessus d’ailleurs.

Il y a des soirs où c’est presque une punition pour moi, j’angoisse, si je rentre sans avoir écrit un édito mes potes vont me crier dessus, Twitter va se liguer pour m’anéantir et les mails de mécontentement vont s’abattre sur moi en 3D. Alors je cherche encore, et tout ce qui me vient à l’esprit, ce sont toujours les détails. Ma mémoire fonctionne un peu comme un blog: je passe en revue les miniatures, je clique sur « Lire la suite » et tout se déverse dans ma tête. Tout se mélange aussi, un peu comme le Danao artisanal de ma grand mère, qui versait du lait et du jus d’orange dans le même verre et secouait fort, « Qu’est ce qui ya? C’est exactement pareil, bois ». Des souvenirs remplacés par des détails. L’énorme peinture à la main du Silver Surfer (Norin Rad pour les vrais) sur le mur de la chambre de mon oncle, sa minuscule machine à sous qui fonctionnait sans pièces, les escaliers défoncés qui m’arrivaient au genou, les boules de riz blanc grillé que mon grand père formait à la main et qu’on appelait des souris, le meilleur plat du monde. Ca fait longtemps que j’ai pas mangé de souris, ça me manque.

Il y avait aussi les 2h de route pour aller chez mon parrain. Quand t’es jeune, 2h de route c’est le bout du monde, tu prévois toujours des dizaines de livres même si tu sais que tu vas vomir à la deuxième page, et tu ne montes pas à l’arrière sans un sachet de provisions, il en va du bon déroulement de ton expédition. Evidemment, je faisais partie de ceux qui avaient fouetté la moitié des vivres avant le premier péage, question de survie en milieu hostile. En creusant un peu, je reverrai aussi le mini panier de basket (hauteur 1m97, ballon Bulls et Lakers et alley hoop systématique), mais aussi le bol de soupe obligatoire avant la portion de pizza, le gant Cosmocats de mon cousin dont je doute encore de l’existence tellement j’étais jaloux de ne pas pouvoir me déguiser en Starlion moi aussi, le mercredi matin à l’agence, les languettes de baskets découpées comme des trophées, les VHS Dragon Ball, les katanas en bois plein d’échardes, les trous dans les murs bouchés avec du papier et les peluches usées au fond du tiroir. Encore et toujours les détails. On ne sait jamais sur quoi on va tomber lorsqu’on tire un fil mais après tout, chaque détail prend de la valeur quand plus rien n’a de sens.

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