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Posts Tagged ‘crainte’

Il n’y a que deux choses certaines dans ce monde: la mort et les taxes. Et quand on reçoit sa déclaration d’impôts, il devient facile de penser que les deux sont intimement liées. Il paraît que la mort n’est qu’une étape mais qu’importe, tant que personne n’aura livetwitté ce qu’il se passe une fois que tu as rendu ton dernier souffle, le mystère restera entier. Et la peur aussi. J’ai toujours eu du mal avec la notion de mort, avec l’idée que tout s’arrête d’un coup pour toi alors que le monde poursuit sa rotation inexorable, le groupe avance sans attendre que tu aies fini de refaire ton lacet sur le côté de la route. C’est un peu comme une nuit éternelle passée en boule sous la couette parce que tu redoutes le noir, sans jamais pouvoir trouver la lumière, ni même en avoir conscience. En attendant, je ne trouve pas le sommeil, même si je sais que l’humanité compte plus de morts que de vivants et qu’il faut s’en accommoder.

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Officiellement le truc le plus mignon de 2011. Le genre d’accessoire qui te fait oublier en un instant l’air radioactif, les mineurs lynchés pour des histoires d’amour à la Roméo & Juliette du 92, le regard des politiques sur les gens de couleur, le marché du travail saturé, les dédipix, les rêves de télé réalité et la fin du monde en 2012. Faites un cadeau à vos gosses, ne les mettez pas au monde mais puisqu’ils sont là, autant leur offrir de jolies chaussettes. C’est déjà ça.

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Il m’arrive souvent de penser que je suis déjà mort. Pas comme dans Ken le Survivant non, mais plutôt comme dans Sixième Sens ou Les Autres, et désolé si je vous ai spoilé la fin du film mais c’est votre faute après tout, fallait les regarder avant. Comme si je déambulais au milieu de tout le monde, en étant le seul qui ne sait pas encore qu’il n’appartient déjà plus à cette réalité. Tout ça à cause de cet accident.

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Je me suis réveillé un matin et sans que je comprenne comment, j’avais pris 40cm, et 40 kilos. Mon pyjama à carreaux était déchiré, tout était devenu trop petit, ma maison ne tenait plus que dans 25m2. J’ai eu l’impression que mon corps était trop grand pour moi, comme si j’avais pris place à bord d’un Gundam que j’avais du mal à contrôler. Pourtant j’ai l’impression que rien n’a changé: mes étagères débordent toujours de jouets, et mes placards vomissent des dizaines de paires de baskets datant des années 90. Je suis encore heureux lorsque j’achète un jeu vidéo neuf, j’entretiens coûte que coûte l’inspiration brute et la plupart de mes soirées se passent avec une pizza et un écran de télé, qu’importe ce qu’il affiche. Le samedi après midi est synonyme d’allées et venues sans but dans les grands magasins, d’heures à rêver qu’on peut tout acheter, de ricanements stupides quand l’un de nous se fait aborder par une fille. Il paraît que les grands appellent ça le célibat, moi j’appelle ça la vraie vie, celle qui glisse sur toi comme une goutte de pluie tiède. D’ailleurs j’ai toujours du mal à parler ouvertement de mes sentiments avec une fille, mais ça je crois que ça viendra quand je serais vieux. Pour l’instant, j’ai la naïveté d’encore croire aux relations franches et sincères, et aux problèmes qui se règlent une bonne fois pour toutes par une bagarre derrière un arbre, à la sortie. Je suis encore loin de la sournoiserie et de la méchanceté gratuite que les adultes adorent tant, je préfère me dire que la vie, c’est aussi facile que les films, quoi qu’il arrive le gentil gagne à la fin. Une fin qui semble arriver plus vite que je ne le voudrais, au point que je ne me souviens même plus à quel moment j’ai donné ma pièce à Zoltar.

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Il y a des légendes urbaines qui ont la peau dure. Quand j’étais plus jeune, c’était celle des rats qui avaient pissé sur un stock de canettes de Coca dans une usine, ce qui avait pour effet d’entraîner ta mort immédiate et dans d’atroces souffrances si tu avais le malheur de porter le récipient contaminé à tes lèvres pour te désaltérer.

Ya aussi eu la phase des mille pattes frits dans les Big Mac, celle du mec mystérieux qui prévient la soeur de la cousine de ton meilleur pote (sa cousine donc) de pas prendre le métro demain parce qu’une bombe va exploser, celle du gars avec des pieds de bouc qui traîne près des rivières au bled, ou encore celle des touristes enlevés sur le parking d’EuroDisney qui se réveillent dans une voiture avec un rein en moins.

Et dans les prochaines années, à cause de cette famille anglaise qui a trouvé une souris morte dans son sachet de pain de mie, vous devrez en rajouter une nouvelle à la liste. Vous pouvez déjà commencer à préparer vos meilleures blagues sur le pain surprise et le pain complet.

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Le lundi matin c’est toujours chiant (si tu me crois pas demande à Garfield), t’as les yeux encore collés du weekend et une semaine interminable devant toi, et rien à quoi te raccrocher. A la limite le mardi tu te dis que le lendemain c’est mercredi, soit le milieu de la semaine, soit bientôt la fin de la semaine, des conneries palliatives quoi. Mais le lundi, rien. La loose. Et si en plus tu prends le métro et que tu te retrouves à 30cm de l’un de ces fameux colis suspects dont tu remettais l’existence en question jusqu’à présent (un peu comme les foutus « voyageurs malades », qui sont invisibles mais te foutent 45 min de retard dans les dents), crois moi, le lundi se révèle être une journée de merde.

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Je suis trop équilibré pour être un génie. Je n’ai rien à prouver à un père envahissant, pas d’amour familial à reconquérir par tous les moyens nécessaires, pas d’origines à retrouver, de fierté à donner à des géniteurs inconnus, d’histoire personnelle à surmonter. Je n’ai pas grandi avec une soeur violée sous mes yeux, un frère handicapé nécessitant mon attention permanente, un pote mort le jour de ses 18 ans dans un stupide accident, une mère qui pleure chaque soir en attendant que je rentre avant de venir me chercher au commissariat. Je n’ai pas de père alcoolique qui me fait trinquer, pas d’épouse qui me trompe avec ceux qui prétendent être là pour moi, pas de pages noircies par des textes trop lourds pour rester sur mes côtes. Pas de blessure profonde à soigner à l’abri des regards insistants pour me donner une force inébranlable. Les contrôles de police ne sont pas plus fréquents que pour d’autres, la jalousie maladive n’a pas dissout les liens que j’ai tissé depuis l’enfance, les êtres chers ne sont pas partis avant que je leur dise combien ils comptaient.

Et pourtant je n’ai pas assez de courage pour dire ce que je ressens réellement. Impossible de faire une déclaration franche, même si elle a été répétée des centaines de milliers de fois dans ma tête, que chaque mot et intonation a été soigneusement retenu. Pas non plus d’appel à la paix absolue, de repenti de dernière minute, de bonne conscience opportune qui sauve de n’importe quelle situation délicate. Pas la force de pousser cette porte qui reste fermée, d’étirer mon visage jusqu’au sourire, de donner un point de chute à mon regard. Trop équilibré, mais pas assez pour ne pas se poser de questions continuellement, j’imagine que j’ai trop lu de « What If », caché sous mon bureau. Persuadé que ce que les anglophones appellent « serendipity » a décidé de bousiller ma modeste existence, avec ces invariables 5 secondes de décalage. Trop tôt, trop tard, jamais au bon moment. Et si j’avais raté la chance de ma vie, si j’étais resté assis 5 minutes de plus, se serait elle assise à côté de moi? Pas le courage de descendre du métro avant que les portes ne se referment et nous séparent à jamais, de simplement vous dire bonjour à toi et à ta robe bleue. Il paraît que le manque de courage se compense, que le destin a bon dos, qu’il résout tout sans que l’on ait besoin de faire quoi que ce soit. Heureusement alors.

Parce que je suis trop lâche pour ne pas être un vieux con. A une époque, je trouvais que nos aînés avaient perdu la flamme, qu’ils voulaient être rebelles mais n’avaient plus de combat à mener, que leurs sursauts anarchistes étaient aussi crédibles qu’un mendiant avec toutes ses dents, et que leurs grands principes n’avaient plus d’assise à une époque où l’on dit que le cadeau ne remplace pas le geste, mais où l’on ramène ce qui ne nous plaît pas sans état d’âme, ticket de caisse en main. Je trouvais ça ridicule de les voir courir désespérément après le temps, essayant de capturer ce décalage et cette originalité naturelle des jeunes. Sauf que je me suis retrouvé à leur place sans même m’en apercevoir, aspiré par la facilité, entraîné par le confort, grisé par de maigres réussites qui ne cachent pour la plupart qu’une peur d’aller plus haut. Fier de porter des baskets au bureau, à croire que c’est une victoire qui mérite une admiration infinie. L’esprit cotoneux et poussé à la léthargie, prisonnier volontaire d’une matrice tellement plus confortable que la réalité. Et surtout bien conscient que peu importe ce que nous sommes au fond de nous, nous ne sommes jugés que par nos actes.

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